ALEXANDRE LE GRAND
(356-323 av. J.-C.)
roi de Macédoine (336-323 av. J.-C.), conquérant de l'Empire perse et l'un des plus grands chefs militaires du monde. Né à Pella, capitale de la Macédoine antique, Alexandre était le fils de Philippe II, roi de Macédoine, et d'Olympias, une princesse d'Épire.
Comme Christophe Colomb, Alexandre a changé le cours de l'histoire. Avec lui la póliv meurt, l'État moderne apparaît. Il a créé l'idée impériale, fondé une monarchie où il a diffusé la culture hellénique.
Tout en Alexandre "portait la marque du héros". Son origine était divine par sa mère Olympias, vouée aux rites orphiques et dionysiaques, il descendait d'Achille, fils de Zeus, et par son père, Philippe II, il se rattachait à Héraklès, également fils de Zeus. Il y a en lui du Barbare: il tient de sa cruelle mère qui fit régner la terreur à la cour de Pella, un tempérament passionné. Il se laisse emporter par de terribles colères (il tuera son ami Clitus, fera exécuter son vieux général Parménion).
Des sentiments violents l'agitent. Il aime les fêtes excessives, les banquets et les beuveries. Ses convictions religieuses sont entachées de superstition. Mais il possède une volonté de fer: ses accès de passion et ses colères sont suivis de prompts repentirs. Il peut se montrer cruel et injuste, mais son c½ur est généreux, capable de tendresse: le Roman d'Alexandre le Grand répandra dans le monde entier l'image d'un chevalier modèle, exemple des plus hautes vertus.
Il est vrai qu'Alexandre est aussi un Grec. Il a reçu, à l'âge de treize ans, un précepteur illustre, Aristote, qui lui a enseigné non seulement son savoir encyclopédique (il connaît l'Iliade et les tragiques par c½ur, la médecine et les sciences naturelles aussi bien que les mathématiques et l'histoire), mais aussi l'exercice de la volonté et la domination de soi, en un mot la sagesse. Le rayonnement et la puissance de séduction d'Alexandre tiennent, sans nul doute, à l'union intime en lui de ces traits contradictoires: Grec et Barbare, mystique et réaliste, rêveur et positif, il est emporté par son imagination et guidé par sa raison.
L'irrationnel et le mystère l'attirent, mais sa lucidité trace la route à suivre. En lui la plus claire réflexion se double d'une souplesse d'opportuniste. Très tôt, Philippe a dressé Alexandre à son métier de roi. Tandis qu'il fait campagne contre Byzance, il lui confie, à seize ans, la régence de la Macédoine; il lui donne à dix-huit ans la responsabilité de la victoire de Chéronée, sur Thèbes et Athènes unies, en lui remettant le commandement de la cavalerie qui enfoncera le bataillon sacré.
À vingt ans, il succède à son père, tué par un de ses officiers et donne toute sa mesure. Il brûle sur un même bûcher l'assassin officiel de sa victime, et tue les concurrents au trône de Macédoine. Après avoir assuré la sécurité de ses frontières au nord par une campagne éclair sur le Danube, il soumet les Triballes en Bulgarie (335), puis les Gètes. Les Illyriens et les Taulantins reconnaissent son autorité, et les Celtes lui dépêchent des ambassadeurs, en lui accordant leur alliance.
Le "petit jeune homme de Pella" impose sa loi à la Grèce, rase Thèbes au son des flûtes, épargnant toutefois la maison de Pindare et les temples des dieux. Déférant aux conseils de Phocion, il fait grâce aux Athéniens. Nous sommes en automne 335, et au printemps de 334, tout est prêt pour la grande expédition d'Asie. Alexandre imposera sa loi: la ligue de Corinthe le nomme en 325 hêgemôn à vie et stratège autocrate contre la Perse. C'est l'Iliade qui recommence, la revanche des guerres médiques: en réponse à Xerxès, Alexandre jette une coupe d'or dans l'Hellespont.Les liensAlexandre IIIAlexandreSaint RaphaëlReprésaillesMots de l'histoireNapoléon IerAlexander Great